Petite histoire d'une grosse galère...
Hier matin, je décide d'aller au taf à moto, vu le temps annoncé l'après-midi, je comptais me gaver de bornes sur le retour. En fait, des bornes, j'en aurai fait 3. Pas plus. Le temps d'arriver juste avant la Porte de Vanves. À un feu, le moteur s'est mis à avoir des ratés, un ralenti anarchique, et en roulant à chaque décélération, de grosses pétarades à l'échappement. Le temps de se garer, j'examine le problème, je lève le réservoir, et voit le capteur de dépression et la durite de retour du cylindre arrière à la BAA débranchés. Bon, prise d'air et capteur en moins, je me dis, tout s'explique, je rebranche ça, mais la durite elle, ne veut pas, le tube sur lequel elle s'enfile est mou, presque fondu, ça sent déjà moins bon. J"ouvre les papillons pour tenter de voir ce qui se passe au niveau des soupapes, et je vois un nuage de gaz d'échappement sortir. Ooops, pas bon du tout ça, c'est pas par là la sortie normalement.
Pendant ce temps, le beau temps attirant les sorties moto comme le miel attire les guêpes, je vois un paquet de motos passer, sans pour autant s'arrêter ou faire un signe. La solidarité motarde est salement écornée et a du plomb dans l'aile. J'ai eu la confirmation que le motard est une espèce en voie de disparition et qu'il est remplacé par une nouvelle que j'appellerai le motobiliste ou utilisateur de moto. Le seul qui se soit arrêté est un... Scooteriste. Italien de surcroît. Ancien motard passé au scoot pour les comodités de circulation parisienne, il s'est mis en quatre pour me sortir de la merde dans laquelle j'étais. Prêt d'outil et produits, recherche de solutions à la Mac Gyver pour remettre en place cette durite, il était prêt à m'emmener chez lui en le suivant à moto pour profiter de son garage pour que je puisse repartir chez moi avec la moto réparée. La durite finit par reprendre sa place, je tente un démarrage, toujours pareil, voire pire, des bruits d'étincelles se font maintenant entendre, des clacs très secs. Après un appel à Bruno, la moto ne doit pas repartir, les symptômes sont graves et un nouveau démarrage risquerait de détruire le moteur. Je donne congé à Lino, qui me donne son tel pour que je le tienne au courant et qu'il viendra me chercher pour m'emmener chez lui si besoin d'outils. Franchement un mec en or !
Je me décide à appeler l'assistance pour emmener la moto Chez Daytona Shop, et rapatrier ma viande chez moi. Ce qui fut fait assez rapidement, la moto est chez Paul, retour en taxi pour ma part. Autre anecdote, le chauffeur du taxi est un ancien motard, pilote de course en coupe Kawa dans les années 70/80, sur un 650 et 250 si je me souviens bien. 3ème place à Croix en Ternois en 79, et jamais moins que 10 au classement, si ça dit quelque chose à quelqu'un...
La moto sera rapatriée mardi chez Bruno pour un démontage et diagnostic précis du problème. Au premier abord, il semblerait que le rotor soit décalé, clavette vilo morte et/ou vis desserrées, causant un allumage anarchique, étincelles dans le vide, échappement dans le même état, ralenti instable qui finit par faire caler la moto. Dans le pire des cas, vilo HS, et système d'allumage aussi, rotor et stator (bobinage bouffé par les vis du rotor). Grosse galère en perspective...
Je prends ça avec philosophie, j'ai pu m'arrêter sans problème, pas de chute dû à un blocage moteur, il faisait beau, tout pris en charge par l'assistance, moto en sécu dans un garage de confiance, rapatriée mardi le temps de s'organiser. La même chose un dimanche matin à 4h sur le périf sous la flotte, ça n'aurait pas été la même histoire...
Le reste c'est de la mécanique, on mettra les mains dans le cambouis, ça prendra le temps qu'il faut, mais Bella Rossa roulera de nouveau ! Les finances, elles, vont faire la gueule par contre

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Merci à Lino, Tomcat et Bruno pour leur aide !
Raven